22 janvier 2009
Film "le premier cri"
Un Film de Gilles de Maistre
C'est l'éblouissante histoire vraie du tout premier cri de la vie, celui que l'on pousse quand on naît et qui scelle notre venue au monde. La naissance sur grand écran à l'échelle de la planète. Contraste des terres, contraste des peuples, contraste des cultures pour le plus beau et le plus insolite des voyages. Dans un intervalle de 24 h sur la Terre, le destin de plusieurs personnages se croise dans un moment unique et universel : la mise au monde d'un enfant. Avec ses personnages réels, ce film retrace l'instant magique des premiers balbutiements de la vie et explore les univers de la naissance, aussi variés que nous sommes différents. Prévu sur les 5 continents, des dernières zones encore sauvages aux lieux les plus urbanisés, le tournage commence mi-mars et durera 1 an.
La bande-annonce: lien
Le site officiel:
http://www.disney.fr/FilmsDisney/lepremiercri/
20 janvier 2009
Témoignage de Nathalie: la naissance de Llewelyn
Hier, Joelle a dédicacé son premier livre « Passage de vies, po
Hier, Joelle a dédicacé son premier livre « Passage de vies, pour une naissance libre ». J'y étais avec mes copines. Aujourd’hui je me pose pour « enfin » mettre en forme ce récit d’accouchement, de naissance. En y réfléchissant, je me rends compte à quel point cette expérience a été une étape dans ma vie, un passage intense et fondateur. Tellement douloureux que je m'en sens presque traumatisée... Mais le traumatisme ne l'est que jusqu'à son expression, ici par écrit. Il m’aura fallu deux ans, le voici donc :
Nous sommes installés depuis 10 jours (seulement) dans notre nouvelle maison, une yourte dite « contemporaine » de 38 m².
Le 20 novembre 2006, vers 2h30 du matin, je ressens quelque chose de diffus dans mon ventre, et là, immédiatement, sans jamais l'avoir vécu, je sais. C'est ma première contraction. Enfin est-ce vraiment une contraction ? En tout cas c'est le tout début de mon accouchement. A ce moment-là, je me dis : « en fin de matinée, je suis maman ».
Tous les trois-quart d'heure jusqu'à six heures du matin, je ressens la même vague au creux de mon corps. Je reste là tranquille, à rêver et espérer, encore un peu seule avec moi-même, avant le grand changement de vie qu'est devenir mère. (Plus tard je vais fortement regretter de n'avoir pas profité de ce temps pour dormir...) Vers six heures je réveille Guillaume, le futur papa, pour lui dire « ça y est ! ». Loin du cliché du jeune papa speed qui court à la maternité, il me murmure : « dors encore un peu mon amour ». Alors je me rendors, jusqu'à 10h. Immédiatement ou presque, nous appelons Joelle. « Des contractions toutes les demi-heures, c'est pas pour maintenant ! » nous dit-elle. C'est vrai que pour l'instant, je ne souffre pas le martyr, c'est comme des règles douloureuses, et ça, je connais.
Ainsi se passe la journée, tranquillement. Nous sommes entièrement dans la joie de l'évènement à venir, et nous prenons le temps de regarder un film, je coupe même les cheveux de Guillaume !
Vers 17h, les contractions m’envahissent toutes les 10 min. Là je commence à avoir mal quand même. Alors on rappelle Joelle. Une fois d'abord, puis une autre fois, parce que là vraiment on commence à flipper d'être seuls. Et dire qu'on voulait tout faire tout seuls comme des grands !
Vers 19h on entend une voiture arriver. En sortent ... deux pompiers ! Un instant j'ai cru qu'une personne de ma famille, très intuitive et très inquiète, nous avait envoyé les pompiers. Et bien non, ils venaient nous vendre le calendrier, et alors cocasserie, ils se sont embourbés sur le terrain ! Guillaume et le voisin ont mis une heure à les débourber. Ils sont repartis juste avant que Joelle arrive. Auquel de notre désir inconscient ont-ils répondu ? Ou peut-être bien aux peurs des gens de notre entourage qui ne comprenaient pas notre choix ? Nous l'ignorons...
Vers 20h30 Joelle arrive. Je voudrais crier ma joie de la voir arriver, lui exprimer ce que je ressens, mais je n'ose pas... J’ai un peu peur de ses réactions. Je voudrais tellement lui demander de vérifier mon col, pour savoir « où j'en suis »... mais j'ai peur de passer pour une idiote ou une peureuse. Je crois que j’ai fini par lui demander. Elle me propose de vérifier moi-même, mais je ne sens rien, à part ma main qui s'enfonce, s'enfonce... Et comme je n'ai jamais suivi aucun cours de biologie, j'ai peur de faire mal au bébé, alors je demande à Joelle de vérifier elle-même. Et là, ô joie, elle nous dit que le travail est très bien avancé, mon col bien dilaté, à 7 ou 8... Guillaume demande : « c'est pour quand alors ? » Elle lui répond que ça peut être très variable, entre un quart d'heure et quatre heures, ou plus encore... Moi je n'entend qu'une chose : un quart d'heure. Pendant un quart d'heure, je n'arrête pas d'y penser, plus qu'un quart d'heure à souffrir, bientôt fini !
En fait c'était loin d'être fini, TRES loin d'être fini.
Après tout est un peu flou, je ne suis pas sûre de mes souvenirs. Ce qui reste, c'est la douleur, une douleur jamais connue. J'ai cru mourir, très sincèrement. Mais j'ai été rassurée, peut-être sans qu'elle le sache, par Joelle. Tout d'abord par ses sourires, je me disais, si elle sourit, c'est que mon cas n'est pas si grave que ça, ça doit être pareil pour les autres... Et puis elle a parlé d'une amie à elle qui à chaque fois qu'elle accouche se dit « plus jamais » tellement ça fait mal, et qui a tout de même eu plusieurs enfants. Alors à ce moment-là, je me suis vraiment dit que je n'étais pas la seule, et surtout que c'était surmontable. Et puis Joelle décrivait si bien ce que je ressentais : « tu voudrais descendre du train maintenant, tu regrettes d'être montée ? Mais c'est pas possible, il va falloir attendre la prochaine gare ! ».
Je suis entendue, on m'accepte, on me comprends. Bon ok. Maintenant il va falloir que ça avance quand même, car cette douleur je n'en peux plus... Je ne la veux plus, je la refuse, la déteste, je voudrais la vomir sans y arriver… Je suis épuisée. Moi qui rêvais d'accoucher debout, je n'ai même pas la force de me soulever. Joelle me suggère plusieurs fois la position accroupie, mais impossible, je n'ai pas la force de me mettre autrement qu'allongée sur le dos. La douleur me terrasse. Guillaume est là, calme, présent, derrière moi. Il me tient, me caresse, me masse, m'apporte à boire, à manger. Un excellent régisseur, déformation professionnelle !
Je trouve ça tellement long, ça n'en finit pas… Je me concentre sur ce que j’ai appris en cours de prépa à l’accouchement, j’expire lentement en accompagnement la contraction. Cela me fait du bien, je le sens. Et puis juste au bout moment, Joelle me propose d’arrêter de faire cette « méthode » que j’ai « apprise » pour me laisser aller à pousser pour de bon !
Plus tard, Joelle me dit : « ton bébé est là, tout près de la sortie. Mais j'ai l'impression que tu bloques, au moment où ça passe sur l'anus. » Et là je comprends. Voilà pourquoi j'ai des hémorroïdes depuis les six mois de grossesse, qui me font si mal, c'était pour me faire comprendre quelque chose. Je crois que j’ai raconté à Joelle ce souvenir d'enfance : dans un hôpital avec ma mère (pour la naissance de mon frère je crois), on voit une petite fille et elle me dit :
« tu vois le bébé, là ? Il est né en siège, c'est pour ça qu'il marche comme ça.
« Ca veut dire quoi naître en siège ?
« Ca veut dire sorti par les fesses.
A partir de ce moment-là (j'avais environ 10 ans), et jusqu'à mes 15 ans je crois, j'ai cru, plus ou moins consciemment, que certains bébés pouvaient sortir par les fesses... de la maman ! Et oui ça paraît fou, mais quand on est petit, on s'en invente de drôles d'histoires.
Bon après bien sûr, je savais ce que c'était de naître en siège, mais cet épisode m'avait tellement marqué, qu'à cet instant, pendant que moi-même je donnais la vie, j'ai eu besoin d'être rassurée. Alors j'ai demandé à Joelle de me confirmer que mon bébé n'allait pas sortir par mes fesses. Et elle l'a fait. Sans jugement. Et c'est exactement ce dont j'avais besoin. Que personne ne se moque, surtout, de cette petite fille qui avait visualisé « autre chose », ce jour-là...
[Des fois j'essaye d'imaginer ce qui aurait pu se passer si j'avais été à l'hôpital. Aurais-je osé raconter mon histoire ? M'aurait-on rassuré ou jugé ? Me serais-je détendue ou refermée comme une huître ? Episio ou césarienne ?...]
Après ça a encore été long, mais vraiment c'était différent, ça avançait. L'expulsion a duré une éternité, m'a-t-il semblé... A chaque poussée, Joelle disait : « cette fois, c'est la bonne ! ». Et ben c'était jamais la bonne... Selon Guillaume, il a fallu 3 contractions, selon moi 15 ! La tête, coiffée de sa poche, rentrait, sortait, puis rentrait, puis sortait… Je me souviens avec bonheur des mains magiques de Joelle, de ses doigts de fée appliqués sur mes tissus tendus, qui apaisaient tellement le feu de la douleur. Aujourd'hui je suis fière d'avoir mis au monde mon enfant sans produits chimiques. J'ai senti très clairement à chaque poussée le moment où ça allait déchirer, et j'arrêtais de pousser juste avant, je n'ai donc pas du tout déchiré. Et Joelle m'encourageait à avoir confiance en moi, à écouter mon corps : « c'est toi qui sais, c'est toi qui sais ».
Et puis je me souviens de ce petit appareil pour écouter battre le coeur de mon bébé, je regarde Joelle, elle n'a pas l'air inquiète, donc moi non plus...
La poche des eaux se rompt, et quelques minutes après, à 1h45, dans un soulagement gigantesque, Llewelyn est sortie. La douleur s'arrête, instantanément. Joelle, assise en face de moi, dans un calme désopilant, recule d'un mètre, et nous dit : « allez c'est à vous, maintenant ». Je la regarde, tente de me pencher en avant pour sortir ma fille, mais, cela ma fait mal et épuisée, je renonce. Alors Guillaume (qui plus tard m'a dit être devenu père à cet instant précis), se penche, tend les bras, et d'un geste étonnamment précis, prend Llewelyn sous les aisselles, la lève, et l'installe tranquillement au creux de mon bras gauche, contre mon sein.
Joelle se lève, commence à tout ranger. Guillaume et moi restons émerveillés. Dix minutes plus tard, Llewelyn commence à faire du bruit avec sa bouche. On dit à Joelle : « on dirait qu'elle veut téter ». Elle nous répond : « oh vous verrez, quand elle aura envie, elle fera un bruit très spécial avec sa bouche ». Avec Guillaume, on échange un regard, un sourire, et je la met au sein. Elle se met immédiatement à téter avec une avidité qui épate Joelle. Le placenta a été expulsé assez rapidement. Llewelyn a tété trois heures durant, puis j'ai pris une douche. Alors Guillaume a pris Llewelyn dans son gilet, comme un papa-kangourou. Puis on a été se coucher, Joelle nous a bordé (véridique !), et est partie, après avoir TOUT rangé dans la yourte. Quel bonheur le lendemain au réveil !
Et je remercie la vie de m'avoir envoyé ces anges pour m'aider à devenir maman.
03 janvier 2009
Rencontre sur le thème de la naissance respectée
L'association "l'arbre à bébé" organise une réunion d'échanges autour du thème de la naissance respectée.
Cette rencontre est prévue le samedi 17 Janvier 2009 chez Pierre à Angers.
Pour plus d'informations , RDV sur le site de l'arbre à bébé (dans les liens), dans la partie forum, branche Maine-et-Loire. Ou téléphoner à Pierre: 02 41 93 87 23
L'association "l'arbre à bébé" est une asso nationale, répartie en "branches" départementales, dont l'objectif est l'échange entre parents autour de l'accompagnement respectueux des enfants ; ce qui inclut la naissance respectée, l'allaitement, le portage, les couches lavables et l'hygiène naturelle infantile et bien sûr l'éducation respectueuse.
A propos du livre "Passage de vies"
Je vous annonçais il y a quelques temps la sortie du livre de Joelle Terrien intitulé "Passage de vies".
Je vous informe qu'un site et forum sur le livre est ouvert avec de riches discussions.
Par ailleurs, des photos de la rencontre précédent la séance de dédicace sont en ligne.



19 novembre 2008
Vidéo : aad dehors
Emission "toute une histoire" présentée par Jean-Luc Delarue, sujet: les accouchements extraordinaires.
Voici un extrait:
Un aad dans les bois .
( à part ce reportage, rien de bien folichon, extraordinaire ici rime plutôt avec inopiné .
Delarue est peu ouvert et heureusement l'invitée gynécologue est plutôt favorable.)
La maman qui accouche dehors a un blog qui s'appelle natic pinic
Pétition - Manifeste en faveur du droit à l'accouchement à domicile
Comme indiquait le titre d'une émission de télévision (*) la semaine dernière, il y a un boum des accouchements à domicile.
Pourtant, les sages-femmes accompagnant ces accouchements ont une telle pression que plusieurs ont arrêté ces derniers mois. C'est un problème pour beaucoup de couples. C'est un problème de pressions. C'est un problème d'assurance. C'est un problème de fausses vérités (l'aad est dangereux). C'est un problème de société. C'est un problème de liberté....c'est un problème.
L'AAD peut être considéré comme une alternative à la surmédicalisation de l'accouchement en structure hospitalière.
L'aad peut être considéré comme un processus normal dans une vie normale.
L'aad peut être considéré comme une rencontre avec soi-même.
L'aad peut être considéré comme un choix délibéré possible.
L'aad peut être considéré comme une prise de responsabilité.
...
Quelques soient leurs raisons, des femmes, des couples choisissent de mettre au monde leur enfant à leur domicile.
Pourtant, à ce rythme là, ces femmes, ces couples n'auront plus beaucoup de choix.
Il est donc important de réagir, de faire entendre nos voix pour que le choix existe .
Le collectif des déchainées a lancé l'action suivante:
Elles ont écrit un manifeste suivi d'une pétition pour soutenir le choix de l'aad. Elles dénoncent le risque que les parents prendraient à pratiquer un accouchement sans assistance si il n'y avait plus de sage-femme.
Elles espéraient 350 signatures...il y en a plus de 1700...
Le manifeste est à lire sur le site des déchainées.com sur le lien suivant: http://dechaineesweb.free.fr/index.php?page=q Il se termine par la pétition.
( *) Il s'agit de l'émission 66 minutes sur M6 dont un des sujets était "le boum des accouchements à domicile" le 12 novembre 2008.
Emission téléchargeable sur M6replay.
09 novembre 2008
Céline Lemay
J’ai trouvé des
paroles d’une sage-femme québécoise, qui selon moi, ouvrent des portes sur ce qu’on ne dit pas
assez sur la symbolique de l’accouchement. Il s’agit d’appréhender d’autres
visions de l’accouchement, visions dont on parle très peu ici en France,
préférant le côté « technique » et médical de l’enfantement.
Je trouve qu’elle
remet la femme à sa place. Et ça, ça me fait pousser des ailes...
Voici donc quelques extraits et liens concernant les écrits de Céline Lemay :
ANTHROPOLOGIE DE L’ACCOUCHEMENT A LA MAISON :
(voici la conclusion de cette anthropologie que vous pouvez lire en entier sur le site Naissance Naturelle)
Conclusion
Ainsi, dans un système de représentations imprégné par la technique et la science, par la médicalisation et la normalisation de la vie, dans un contexte de praxis où 99% des accouchements se passent à l’hôpital, l’accouchement à la maison est une réappropriation de la symbolique de l’accouchement et l’affirmation que l’accouchement ne se définit pas comme un événement médical.
Dans un système de périnatalité où l’humanisation est maintenant associée à la
capacité de choisir, l’accouchement à la maison exprime que l’humanisation est aussi le pouvoir de nommer, de définir et de signifier ce qu’est accoucher, souffrir et vivre le risque .
Dans une société patriarcale dont le système médical est masculin, l’accouchement à la maison révèle une cosmogonie du « féminin » du monde, par son fond et par sa forme. Les sages-femmes qui évoluent dans cet ordre féminin ont une praxis féministe, vécue comme une quête et non comme une guerre.
Dans un contexte de séparation entre le corps et le sujet, entre l’accouchement et sa douleur, entre la vie et la mort, l’accouchement à la maison affirme que l’accouchement s’inscnt dans la vie comme un système et comme un tout. Il témoigne d’un autre rapport au monde.
Ainsi, accoucher à la maison s’inscnt dans les efforts pour rassembler une identité personnelle morcelée dans une société morcelante. C’est la réalisation en acte et non seulement en mots d’une recherche de cohérence et de vérité.
Dans un contexte sociosymbolique articulé autour de l’idéologie de la sécurité, qui occulte la mort et dont l’institution médicale accentue la prégnance, l’accouchement à la maison est une affirmation que la vie comporte des risques et que les accepter est un grand signe d’humanité. La vie est comme un tout qui contient ce que l’on sépare et que l’on oppose. La vie et la mort, la douleur et le plaisir, le corps et l’esprit...
Dans un contexte où la médecine et la science ont un effet normalisateur et réducteur des conceptions du corps des femmes, du sens de l’accouchement et de la maternité, l’accouchement à la maison témoigne de la richesse des représentations autour de la naissance, confirme que la science n’est qu’une strate du savoir et que les femmes pensent autrement. La mise au monde est perçu comme une occasion de croissance, de prise en main de sa vie et d’accès à la transcendance. « quand tu accouches c’est la vie qui prend sa forme la plus éloquente ! ».
Lien : http://naissancenaturel.canalblog.com/archives/2006/11/24/3251055.html#trackbacks
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Céline Lemay a réalisé un mémoire qui s’intitule :
« L’accouchement à la maison au Québec : les voix du dedans »
C’est la réflexion détaillée de l’anthropologie présentée au-dessus.
On trouve ce mémoire sur le portail naissance.
Lien : http://portail.naissance.asso.fr/docs/clemay/memoire-Contents.html
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Vous pouvez trouvez un article où elle est interviewée sur le site petitmonde.com
Lien : http://www.petitmonde.com/Doc/Article/Une_femme_pour_les_femmes
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Bonne lecture!
Il y a des passages qui m’ont agréablement touchée...
29 octobre 2008
Un livre à sortir
Ma collègue de blog a l'immense privilège de vous présenter, sur son site Neuf Lunes, le livre à sortir de Joëlle, l'une de nos sages femmes préférées!
Je me permets de vous présenter la couverture:

Pour connaître la quatrième de couverture, les dates et lieux de dédicaces, et d'autres informations concernant ce livre, Consultez le blog de Neuf Lunes : http://neuflunes.canalblog.com/archives/2008/10/27/11131281.html
14 octobre 2008
Témoignage de Marie: la naissance de Naéli
L’envie me prend d’écrire à nouveau ma deuxième naissance, chez
L’envie me prend d’écrire à nouveau ma deuxième naissance, chez nous, pour toi Naéli.
Et parce que mon corps si malmené et attendri à la fois me questionne encore : l’idée d’un autre bébé, déjà mais comment çà se fait ??? Cette pulsion ressentie forte vers les 14 mois de ma 1ère fille, me titille à nouveau. Elle accompagne aussi un cheminement intérieur, essayer de laisser vivre plus de ressentis et moins de pensées, couper le flot de ces pensées trop présentes, envahissantes et qui d’ailleurs ont pu m’amener, avec le recul à beaucoup de souffrance pour mes 2 naissances !
La tête continue de commander alors que pendant ce moment du don de la vie il faut juste écouter son corps…Sans peur de trop de douleur ni impatience, avec confiance et amour !!!
Mais c’est difficile, la prochaine fois sera une autre histoire, enrichie de ces 2 expériences fabuleuses !! Prendre le temps de vivre les sensations…être heureuse du moment présent.
J’aime être enceinte, pouponner, donner le sein….malgré la dureté de l’enfantement, quelle chance de pouvoir se dire « je veux plein d’enfants ! », quelle chance d’avoir le bon papa, merci aussi à lui, sans qui je n’aurai pu connaître pareil bonheur…
Le 15février, je songe encore très fort à ta venue après un « faux-vrai » début de travail. Depuis plusieurs jours les sensations sont fortes et forte la croyance que çà y est tu vas venir parmi nous…ce matin encore j’y crois...à qui, quoi dois-je m’en remettre pour assouvir cette envie, cette impatience…Joëlle hier au téléphone me disait : « tu es en train de vivre l’ombre de l’accouchement, qui s’étire…et petit à petit se prépare.. » et me prépare...Tant mieux si cela adoucit l’expérience du moment de la naissance, mais c’est dur à vivre pour quelqu’un comme moi, plutôt impatiente de vivre les choses !!!!Peut-être ai-je encore besoin de ce répit avant de plonger dans notre rencontre, il est vrai ce matin, j’ai peur !!! Mais l’inconnu effraie, comment pourrait-il en être autrement ? Pourtant je me sens prête, confiante en ta venue ici chez nous, j’ai envie de t’accueillir, voir qui tu es !!!Le coq chante au loin…Peut-être est-ce juste une pause…
Et tu es venu à nous, le 17 février au petit matin, même jour de naissance de celle accompagnant la tienne, la nôtre, quel heureux hasard sous le signe de cette forte rencontre !!!
Une naissance entourée de femmes, moi qui en avait rêvée, les choses se sont arrangées seule pour nous mener à ce partage…
La veille au soir pourtant fatiguée je ne trouve pas le sommeil, ces derniers temps j’ai trop de mal à me reposer je suis impatiente de quitter cet état, devenir mère une 2è fois, je guette tous les prémices de ta venue en moi, ultime préparation…Couchée tôt vers minuit peu à peu je m’assoupis après avoir consacré l’amour qui nous unit, retour à la source comme pour l’origine de ta vie… à 2h les premières contractions me réveillent, je descends mettre du bois et réveille Pierre, cette fois j’en suis sûre c’est parti ! Comme pour Lhassa elles sont déjà rapprochées, une dizaine de minutes, nous hésitons quelque temps pour prévenir Joëlle, Envela et Gaëlle. Vers 3h je téléphone à Joëlle, elle attend l’arrivée d’Envela puis elles viendront ensemble :
« nous serons là dans 1h30… »
Petit à petit je fonds dans le rythme de l’accouchement, tant redoutées et appréhendées, me voilà au cœur des sensations « douloureuses », je me force à positiver, moi qui voulait voir ce bébé le voilà alors sois contente !! Suivre les conseils de Leboyer, lu et relu : ne pas lutter contre mais accepter et accompagner ! Je mets de la musique, quand la contraction monte, je me mets le ventre face à la cuisinière à bois, au chaud, je souffle et me balance, petit à petit cela deviendra une vraie litanie... «Hummm », pendant le fort de la contraction, en tenant mon ventre en invitant ce petit à venir doucement. Le rythme s’installe et m’accompagnera presque tout l’accouchement, ponctué de gémissements et de balancements, cela permettra sa descente et mon ouverture dans la meilleure des danses !
Pierre veille à moitié endormi…nous tentons un moment le jeu de la compresse chaude mais c’est trop réfléchi, contraignant à mon goût, je m’en passe.
Je me vide aussi les intestins peu à peu, entre 2 contractions je m’allonge sur le canapé, puiser quelques forces. Je me sens un peu fatiguée, bercée par la musique, en gémissant, mais je me sens bien !!! Avec le recul ce fut même « agréable », je n’aurais jamais cru pouvoir le dire !
Un moment privilégié...Une danse douce et forte devant la chaleur, dans la lumière tamisée au creux de la nuit, un beau voyage intérieur et le temps qui fond…
Vers 5h30 les filles arrivent, embrassades, 1ère rencontre avec Envela mais je demeure « centrée en moi », nous n’échangeons aucun mot, Joëlle s’approche, m’observe je lui dis avoir perdu un peu de liquide…je me sens fatiguée, j’ai peu dormi, ils descendent un matelas devant la cuisinière je prends place mais au fond de moi je ne sens pas la chose ainsi. Gaëlle arrive, prépare un tchaï à la cuisine.
Emerge en moi la question de Lhassa, tranquillement endormie là-haut…Nous en avions beaucoup parlé avant sans réussir à savoir à l’avance ce que l’on décidera…je ne voulais pas l’exclure tout en me rappelant à quel point j’avais été dans ma bulle la 1ère fois, et je ne me serai pas vu avoir mon enfant près de moi. Nous partageons tous la même chambre et l’idée me gêne de l’enlever de notre chambre commune, même si comme pour elle je suis sûre de vouloir enfanter sur mon lit.
Les contractions s’intensifient. Je demande à Joëlle : « où j’en suis à ton avis ?? Je me demande par rapport à Lhassa…je veux aller dans notre chambre… » « Si tu sens qu’elle te « dérange » il faut la faire partir »
Oui je veux retrouver le nid de la chambre « seule », ne pas la savoir par là susceptible d’entendre mes plaintes alors on rappelle Sophie, Pierre monte la réveiller, Sophie arrive...je vis quelques contractions devant elle, elle semble impressionnée, mes gémissements se renforcent, la contraction est longue maintenant…entre 2 je parviens à embrasser Lhassa et lui explique la venue de son petit frère…Sage conseil que d’attendre le passage de la contraction, finalement je me vois mal gémir devant elle, trop de sensibilité…Pierre les accompagne, nous on monte, Joëlle me précède pour installer ma couche, je veux la couverture bleue d’Afrique.je suis si bien dans ma chambre !!!
Pierre nous rejoint, Joëlle me demande si elle doit prévenir Gaëlle restée en bas quand elle sent l’imminence de la naissance, je lui dis oui, persuadée d’avoir fait comprendre à Gaëlle que c’était à elle de décider de ce qu’elle voulait faire, je pensais donc qu’il lui fallait du temps….elle descend la chercher, je saurai plus tard qu’elle lui a dit : « laisse ton tchaï les choses s‘accélèrent, rejoins-nous ! »
Je demande à Pierre de fermer la porte, scellant à ce moment là selon Joëlle l’issue de ta venue !
Je bascule dans la violence des sensations, ma « maîtrise » jusque là efficace, s’effrite et je commence à perdre pied, submergée par la DOULEUR !!Je veux sentir sa tête, je n’arrête pas de mettre ma main mais rien, je ne veux pas vivre ces instants, je demande à Joëlle de l’aide, j’ai mal !!!Je me mets à crier, à hurler à genoux, au cou de Pierre, terrassée par la fin de l’accouchement, je ne pensais pas en montant que tout irait si vite ! bien que pour la dernière contraction en bas j’ai perçu une réelle poussée sur le bas…je bascule dans une autre ambiance, je perds le reste du liquide et le peu de patience qu’il me reste ! « Bébé viens !! »
Chaque contraction est une violence, le temps me parait s’être arrêté dans la souffrance,
je sanglote, par chance le répit est savoureux entre ces dernières contractions, je pourrai presque me rendormir !
« Joëlle combien de temps encore ?? »
« 3 ou 4 contractions »
« Non, non je ne veux pas…je ne veux plus…ahhh çà fait mal !!! »
« Prends ton temps, ton bébé remonte après la contraction, et c’est bien repose toi »
Pierre me soutient, silencieux mais présent, les filles me regardent mais j’ai perdu le lien, oublié leurs présences, je me crois hurler à les terroriser mais apparemment non …j’ai chaud très chaud !!Le bébé presse sur la sortie, je pousse en même temps en hurlant,
« Joëlle aide moi çà brûle … » elle me pose la main au niveau du périnée…et puis la tête sort…en suspens...je me repose en attendant la dernière l’ultime, et puis tu glisses entre mes jambes, accroupie, sur le drap blanc, je te saisis un peu effrayée par ton gargouillis, Joëlle a pris Gaëlle dans ses bras, je crois avoir souvenir de son petit cri à ta sortie, de ses pleurs naissants.
Je cherche de l’aide mais Joëlle me dit que tout va bien et effectivement je te serre contre moi, je m’allonge rejoins par Pierre, nous t’enveloppons d’une serviette et c’est fini…..je savoure la fin de cette « torture » et je pèse le mot !! Je me dis, comme la 1ère fois, que je n’aurai pas d’autre enfant, c’est trop dur à vivre….pourtant quelle harmonie…et puis tu es venu vite, 1h après notre arrivée dans la chambre, le jeu de 10 contractions pas plus, mais pour moi un temps presque intolérable …
J’avoue avoir pensé à l’inverse du commun des femmes, j’aurais une péridurale pour les autres, les autres mais quels autres ???
Heureusement aujourd’hui le souvenir s’est estompé ….
Une fois la difficulté surmontée et digérée, l’amour prend le relais et la magie d’avoir ce petit bout dans les bras !!! on reste ainsi un temps, puis mue par la faim et la soif et l’envie de partager mon excitation avec les autres que j’entends en bas, on appelle Joëlle pour la délivrance et le cordon…je pense descendre en bas, et puis non c’est quand même précipité,
alors on viendra à moi !
On prévient Sophie et Lhassa qui nous rejoignent, Lhassa regarde Naéli et dit « Sophie on va jouer en bas » pas très concernée…je suis excitée nerveusement et sens poindre en moi la nostalgie d’avoir déjà vécu ce moment unique, d’autant plus dans le partage avec les filles.
Gaëlle s’éclipse avec ses hommes, Envela vient me remercier, nous causons un peu, nous embrassons et promettons de nous revoir bientôt…..Joëlle doit revenir dans 2 jours pour une injection, on s’embrasse…..et puis Naéli a tété et les contractions ont recommencé !!
Je ne savais pas que j’allais vivre encore 3 jours de souffrance, mardi matin après une mini tempête, pour moi reflet symbolique de l’enfantement, elles se sont doucement évanouies...
Quelle horreur d’avoir eu encore à vivre çà à chaque tétée, normalement source de plaisir, dure sensation ce mélange de peine et de joie….
On ressent une nouvelle fois l’incroyable nécessité du yin et du yang de la vie…et l’invitation à y puiser un peu de sagesse…
Donner la vie nous mène loin, en nous, et nous rattache à l’histoire de l’Homme….
13 octobre 2008
Témoignage d'Emilie: la naissance de Lyla
Voilà, enfin, j'ai terminé....c'est un premier jet, je ne me suis pas beaucoup relue. J'ai mis du temps avant de vous livrer tout ça parce que je crois que je gardais notre belle histoire comme un secret. Et puis, il y a deux jours j'ai été prête a écrire.
La naissance de ma fille Lyla ou comment j’ai appris la patience
La blessure hospitalière
Le grand frère de Lyla, Louis, est né le 27 octobre 2006, a la
maternité de l’hôpital de St Nazaire. Malgré les bons échos que j’avais
eus et que j’ai encore de cette maternité, je garde un souvenir
catastrophique et très éprouvant de l’accouchement et du séjour. Je me
suis sentie tout simplement détruite et violée par un protocole médical
froid, distant et infantilisant. Pour d’autres femmes, c’est ce qui
les rassure. Je dois avouer cependant que d’un point de vu strictement
médical, la naissance de Louis a été naturelle mais sans être
physiologique :
- Naturelle parce que le travail s’est déclenché spontanément, que
la poche des eaux n’a pas été rompue, que je n’ai pas eu d’injection
d’ocytocine, ni péridurale, ni d’épisiotomie (après menaces de procès,
insultes et un coup de pied bien placé …mais j’y ai tout de même
échappé). Enfin, Louis n’a pas été sondé, ni aspiré.
- Pas physiologique parce qu’une voie veineuse m’a été imposée,
parce qu’on m’a empêchée de manger et boire, parce que sur 2h de
travail, un monitoring continu de 50 minutes m’a été imposé, parce que
mon besoin de calme, de pénombre et de chaleur n’a pas été respecté
(touchés vaginaux a répétition sans me prévenir, lumière vive, entrée
et sortie des soignants sans aucune discrétion), parce que n’étant bien
qu’à quatre pattes ou sur le coté, on m’a forcé physiquement a mettre
mon enfant au monde sur le dos, les pieds dans les étriers, parce qu’on
m’a parlé de la péridurale tout au long de la dilatation alors que je
voulais juste qu’on me fiche la paix, parce qu’après une sortie rapide
et naturelle du placenta, il était de routine de me presser le ventre
très fort sans même me prévenir ou s’interroger sur la nécessité
médicale de ce geste, qui après vérification était bien inutile. Louis
a été pesé, mesuré, lavé et habillé dans la demi heure qui a suivi sa
naissance même si j ai tout de même eu droit à un petit peau a peau de
15 minutes.
- Enfin, je ne compte plus les faux conseils le manque de
discrétion, les betises et les réflexions déplacées dispensés par tous
les soignants de cette maternité tout au long de mon long séjour de 5
jours interminables. Tous partaient d’un postulat simple : « C’est
votre premier bébé, vous ne SAVEZ pas, nous si. ».
En quête de la magie de la naissance
Voilà comment, d’après un ressenti très personnel, j’estime
que cet instant magique a été transformé en une épreuve traumatisante.
J’en ai donc déduis très naturellement qu’un accouchement en structure
n’était pas fait pour moi, ni mes bébés.
Après avoir réalisé à quel point j’étais blessée de cette
expérience (Louis avait 4 mois je crois), je n’ai eu de cesse de faire
des recherches (Internet, lectures, échanges avec d’autres parents,
avec des soignants) pour savoir s’il existait un autre moyen de donner
la vie, ou si j’étais condamnée a mourir un peu a chaque fois qu’un
petit être viendrait agrandir notre famille.
J’ai entendu parler de l’AAD (Accouchement accompagné à domicile)
tout en découvrant une toute autre façon de vivre sa parentalité : le
portage, l’allaitement long, l’éducation non violente…Il a fallu y
convertir celui qui partageait ma vie depuis 7 ans et ce ne fut pas une
mince affaire. Mais devant mes blessures passées, ma volonté de vouloir
donner le meilleur a ceux qui nous sont le plus chers –nos enfants- et
ma ténacité, il a finit par saisir le véritable enjeu de tout ce
travail de recherche et de remise en question : réparer ce traumatisme.
C’est ainsi que lorsque Louis eu fêté son premier
anniversaire, j’ai demandé à Antoine (mon mari) de me faire un autre
enfant. Mes motivations étaient floues : était-ce seulement pour me «
guérir » ? Est-ce que lui était prêt ? Et si Louis était encore trop
petit ? La seule chose que je savais, c’est qu’au fond de moi, cet
appel de la maternité, de la chair me retournait les entrailles. Il
était temps pour mon corps de fabriquer a nouveau un tout petit.
Les essais ne furent pas longs et au cours de mon premier
cycle, j’étais a nouveau enceinte. J’étais un peu scotchée et surprise.
Comment était-ce possible si vite ? Antoine était aussi surprit que moi
et un peu désappointé. Mais ce bébé était déjà là, en moi, nous ne
pouvions plus reculer.
Après la joie, se sont succédés comme pour ma première grossesse,
les maux, qualifiés de petits par une grosse majorité du corps médical
: nausées, vomissements, fatigue extrême, constipation…et pourtant
j’avais pris le parti d’être heureuse pour cette grossesse. Sans cesser
de me plaindre de ces symptômes, parasites de mon bonheur, j’ai tout de
même eu une grossesse très sereine.
Mettre au monde, une histoire de femmes
Cette sérénité est due au rôle capital qu’à joué une femme
dans cette superbe aventure : Bernadette. C’est la maman d’un ami.
Jeune adulte, j’ai vécu chez elle quelques mois quand je me suis
envolée en peu précipitamment du nid parental, devenu trop étroit pour
mes envies irrépressibles de liberté. Ce fut une période de transition
riche en anecdotes et en confidences. Et puis je l’ai quitté a son tour
pour m’installer enfin dans la vie réelle.
Durant 9 ans, nous ne nous sommes jamais perdues de vue. Je ne
sais pas pourquoi. Je savais son expérience. Mère de 3 garçons, elle
avait donné naissance a son 3e enfant chez elle, avec un homme
sage-femme, après une sérieuse remise a question et la découverte de
son besoin de « naturel ». Elle a donc joué le rôle de « Doula » sans
même savoir ce que ce terme signifiait. Après s’être renseigné, elle se
qualifia elle-même d’accompagnante, jugeant que sa seule expérience de
mère ne faisait pas d’elle une Doula , laissant cette appellation à
celles qui ont bénéficié d’une formation spécifique et qui revendiquent
ce titre.
Elle m’a donc accompagnée avec beaucoup de tendresse et de
dévotion tout au long de ces 9 mois. Elle fut tour a tour ma
confidente, ma masseuse personnelle, ma psy, mon aide-ménagère, mon
amie….
Avant de lui demander d’être auprès de moi pour ce parcours, afin
que je bénéficie de son expérience d’AAD, j’ai eu peur qu’elle ne
prenne une place maternelle. Ma maman est ma maman et personne ne
pouvait la remplacer, aussi éloignée soit-elle. Bernadette a su jouer
son rôle et rester a sa place. Ma maman, elle, comme a chaque grossesse
était présente autant qu’elle le pouvait (elle vit a plusieurs
centaines de kilomètres de nous) grâce a Internet, au téléphone et
Airfrance.
Pour ne pas me sentir malade mais seulement enceinte, j’ai
fait le choix de me limiter aux examens médicaux qui étaient vraiment
nécessaires et de refuser les autres, par principe et aussi selon mon
envie du moment (tant que cela ne mettait en danger personne). Echos
mensuelles, O’Sullivan, Test trisomie, toxoplasmose mensuelle, je les
ai évités. Je me suis donc centrée sur mon enfant, l’écoute de mon
corps en bénéficiant du suivi d’une femme particulièrement sage :
Françoise. Elle assure tout le suivi médical de la grossesse des mamans
qui font des choix jugés marginaux par le collège des obstétriciens
français (AAD, ANA, plateau technique …)Malheureusement elle ne
pratiquait pas l’AAD.
A force de recherches j’ai fini par trouver une adresse mail. Une
SF AAD plus qu’a part. C’est ma dame en blanc (c’est un choix dont je
connais pas l’origine mais c’est ainsi, elle ne s’habille que de
blanc). Elle n’est pas dans les pages jaunes, elle n’est pas
conventionnée. C’est celle qu’on trouve par le bouche a oreilles, c’est
celle qui vous connaît mieux que personne et qu’il faut convaincre. Je
savais qu’elle cessait son activité dans les années a venir et qu’elle
ne prenait pas de nouvelles familles et pourtant il fallait absolument
que ce soit elle (je n’avais pas tellement le choix, dans mon
département, les autres SF étaient trop loin ou indisponibles pour des
raisons de santé). Alors je lui ai envoyé un mail avec le récit de la
naissance de Louis pour qu’elle sache ma douleur et ma détermination à
la panser. J’ai terminé mon mail en lui expliquant que c’était elle ou
personne d’autre, quitte à faire mon petit seule.
Elle m’a répondu en me proposant une rencontre, chez elle, lieu
des « consultations ». Je ne sais pas si cela arrive à d’autres femmes,
mais je suis tombée en amour. Confiance, calme, sérénité. Moi, la maman
speed, je me suis pris une grosse claque. Mais c’était bien elle, J.
Antoine, assez septique avant de la rencontrer, est sorti de ce «
rendez-vous » enchanté de connaître une femme aussi remarquable et
professionnelle. Elle pourrait donc nous accompagner pour cette
naissance. J’entamais mon 3e mois de grossesse.
Nous nous sommes revus une seconde fois lors de mon 7e mois. Je
commençais à avoir peur et à douter de mes capacités, c’était le bon
moment pour la revoir. Elle a su trouver les mots justes, encore.
En dehors de ces rencontres physiques, elle était d’une très
grande disponibilité par téléphone et par mail, à des heures pas très
protocolaires.
Et puis l’heure de cette 3e rencontre avec elle, la 1ere avec mon bébé, sonna enfin.
La leçon d’humilité
A la façon dont Louis était né, je m’étais préparée
mentalement à faire face a une naissance très rapide et j’avais même
envisagé que J n’arrive pas a temps. Je me sentais prête et assez forte
pour gérer à nouveau un événement très fort et très violent. Mais Lyla
en a décidé autrement.
Comme pour ma première grossesse, dès 6 mois, j’avais de
nombreuses contractions. Je ne souhaitais pas être examinée lors de mes
consultations mensuelles. Et c’est moi-même, lorsque j’étais inquiète,
qui procédait a un examen du col. Il se modifiait vite. Vers 7 mois,
j’ai tout de même demandé a Françoise de me donner son avis et le
verdict fut l’exacte description de ma propre observation : col effacé,
postérieur, ouvert a 2. Finalement, il était plus prudent que je me
repose un peu et Louis fut confié a sa mamy Ginette en journée durant 2
semaines afin que je récupère.
Paradoxalement, j’étais moins inquiète et plutôt en confiance. De
plus, il était évident pour moi que Lyla arriverait très en avance.
Elle était prévue pour le 9 septembre et pourtant…
Le Jeudi 14 août, j’avais rendez-vous avec mon ostéopathe afin de
mettre en place mon bassin et mon sacrum trop malmenés lors de mon
premier accouchement (la position sur le dos fait des dégâts
considérables à ces endroits). Depuis déjà 2 semaines, j’avais de
nombreux pré travail, tard le soir que seul un bain pouvait calmer.
J’avais le sentiment que le travail débutait mais qu’il était bloqué de
façon mécanique par une mauvaise position de mon bassin, ce que me
confirma l’ostéopathe. Après cette séance, je me sentais bien mieux et
dans la journée qui a suivi, Lyla n’a pas cessé de bouger très fort, de
pousser sur ses pieds et d’appuyer fort sur le col. Le Vendredi 15
août, à 5h du matin, j’ai été réveillée par une très grosse
contraction, longue et entraînante, comme une vague. J’étais heureuse,
c’était le début. Nous attendions, le soir même des amis qui devaient
passer deux jours chez nous. Cela ne me dérangeait pas de les savoir
présents lors de la naissance car ils avaient eux-mêmes fait leur
petite fille à la maison avec la même SF. Toute la journée, les
contractions allaient et venaient : toutes les demi-heures, toutes les
heures …. Je tenais J au courant par texto.
Le Samedi 16 août, pas
de changement, les contractions restaient douloureuses et fortes mais
assez espacées pour que je continue a vivre normalement : siestes,
cuisine, repas, ballades ….il fallait juste que je m’accroupisse et que
je me concentre pour accepter cette douleur. Le soir venu, je suis
sortie à une petite soirée avec des amis. Mon ballet les a beaucoup
amusés mais ils étaient tout de même un peu inquiets d’envisager une
naissance, là, au milieu du salon …A minuit je suis rentrée dormir.
Le
Dimanche 17 août, les contractions sont devenues encore plus fortes
mais toujours espacées d’au moins une demi-heure. Et puis je n’avais
pas trop le temps d’y prêter attention, nous étions invités à un repas
d’anniversaire prévu ce midi là. Encore une fois, les personnes
présentes étaient amusées, certaines compatissantes, en voyant le
travail bel et bien engagé.
En fin de journée, je commençais réellement a en avoir marre.
Après avoir couché Louis, nous avons décidé de tout mettre en œuvre
pour que Lyla se décide enfin : séance d’haptonomie, massages, huiles
essentielles et bougies, un bain très chaud et un gros câlin. A minuit,
je me suis couchée pleine d’espoir. Avant d’éteindre la lumière, j’ai
consulté mes mails une dernière fois. En même temps que je lisais un
mail de J m’apprenant qu’elle ne serait sûrement pas là cette nuit (un
autre bébé arrivait), une violente contraction me plie en deux. Il
fallait que ce soit le seul soir d’indisponibilité de ma SF, pour que
ma fille se décide enfin !!! J’ai eu un grand moment de panique. Il
était hors de question d’aller à la maternité, je n’y étais même pas
inscrite, par choix et par peur d’y mettre les pieds. Contre toute
attente, Antoine m’a fait couler un bain et m’a expliqué qu’il
comprenait mon angoisse de la maternité et que si vraiment notre SF ne
venait pas, nous saurions bien faire face tous les deux. Il se sentait
prêt. J’étais terriblement émue et reconnaissante de cette décision.
Quel courage !
Alors, pour la première fois, malgré de nombreuses fausses alertes
avant, nous avons préparé notre lit, les serviettes, l’huile de
massage…Tout est prêt, elle pouvait venir.
Je crois que c’est pour cela que j’ai vraiment fini par laisser
venir Lyla et le travail a commencé, pour de vrai. Sur le dos entre les
contractions, accroupie pendant, Antoine m’aidait a me mouvoir dans
l’eau. Malgré mes cris, Louis dormait paisiblement. Mes larmes
coulaient de rage : pourquoi cela durait-il si longtemps ? Antoine
finit par appeler J vers 1h. Elle lui expliqua qu’elle était toujours
disponible pour venir mais pas pour longtemps et que si l’autre maman
la rappelait, elle irait la voir. Encore à ce moment je n’étais pas
certaine que ce soit pour cette nuit. Depuis 3 jours, je doutais, sans
être très sure. Je ne pouvais pas la faire venir de si loin (une heure
de route) pour une fausse alerte. A 2h, Antoine la rappelle et elle
demande à me parler. Je lui explique mon incertitude mais elle m’entend
hurler lors de la contraction suivante et finalement décide de venir. A
3h, elle arrive, quitte ses chaussures, s’avance pieds nus dans la
pénombre (il n’y a que deux bougies allumées, dans la salle de bain.).
Elle écoute le cœur de Lyla pendant quelques minutes, tout va bien.
Elle m’explique que l’autre maman en est à son 3e bébé a la maison et
que le papa est prêt a faire face seul. Je me sens moins coupable de
leur voler J.
Antoine m’apporte à boire et à manger, je barbotte toujours et je
décide de retourner au lit. Antoine va se coucher et J et moi, nous
restons en tête à tête. Elle s’assoit sur une chaise a coté du lit et
je me mets sur le coté Nous parlons, de tout et de rien, nous essayons
d’éclaircir tout ce qui me retient encore et qui m’empêche de
m’abandonner totalement. Les contractions s’espacent, puis cessent
totalement. Il est 5h environ. J’en ai marre, je me lève pour manger,
je me fait un sandwich et pèle une pomme. Ca n’avance plus. Après une
longue hésitation, moi qui ne voulais pas que l’on me touche, je
demande a J de me dire si mon col s’ouvre ou pas. Elle ne pratique pas
ce geste d’ordinaire, ce n’est pas dans ces méthodes de travail.
Pourtant elle accepte : j’en suis a 5-6 cm. Cela me donne du courage,
ça avance…doucement, certes, mais ça avance.
Elle m’explique que j’ai trop peur de cette douleur, que je dois
plonger dedans et l’accepter enfin, ne plus rien retenir. J’ai aussi
l’impression que je savoure cette naissance alors que j’ai subie celle
de Louis. J’accouche deux fois, c’est donc plus long…Et puis j’avais «
décidé » que ce serait une naissance rapide et Lyla m’apprend la
patience et l’humilité. Je ne contrôle pas tout, je dois l’accepter et
lacher-prise. J écoute à nouveau Lyla, tout baigne.
Les contractions reprennent, toujours espacées d’une demi-heure. J’ai le temps de récupérer entre chaque.
Il
est 6h, je me refais couler un bain et je vais voir Antoine pour lui
demander de venir. Nous restons tous les deux, J s’éclipse. Et le
ballet aquatique recommence, nous sommes très synchrones. Puis ça
devient plus fort, je vois le jour se lever sur cette quatrième journée
de travail et le désespoir me gagne.
Nous sommes le Lundi 18 août et j’en ai marre, JE VEUX QU’ELLE
SORTE !!!!Antoine va chercher J, elle s’installe par terre à coté
d’Antoine et souri doucement. Je lui dis que je n’en peux plus, que je
veux qu’elle me perce la poche des eaux. Elle m’explique qu’elle ne
fera rien : c’est à moi de mettre au monde ma fille, si je peux
l’atteindre, je peux la percer moi-même…sinon, je dois être patiente et
accepter.
Et là, je repense a cette fameuse phase de désespérance et je me
marre. Je suis en plein dedans et ça veut dire que Lyla sera vite là.
C’est la dernière ligne droite. Je sors du bain et je demande à Antoine
d’appeler Bernadette. Elle ne répond pas. Je suis triste, j’ai besoin
d’elle.
Me voici dans ma chambre, sur mon lit, tantôt sur le
coté, tantôt a quatre pattes, le torse appuyé sur mon ballon rose.
Antoine est parti s’occuper de Louis qui boit son biberon et joue
calmement dans le salon. J me tiens la main, soutiens ma jambe, me
caresse les cheveux…Je lui dis mon bonheur d’être là, chez moi,
d’entendre mon fils jouer juste a coté.
Et je pousse. Tout doucement, puis comme une forcenée. Mes cris
assez brefs et stridents se fonts plus longs. Je suis plus souvent sur
le coté. Je décide de rester à quatre pattes mais ça fait trop mal, ça
pousse. Je voudrais me recoucher. J me dit que c’est à moi de décider,
mais que si ça fait aussi mal c’est parce que c’est une position
efficace. Il est temps que plonge enfin dans cette vague de douleur ….
Bernadette appelle, elle vient d’avoir le message, c’est la seule
fois qu’elle oublie son téléphone, elle est déçue de ne pas être là.
J’exige sa présence, « sinon je ne la fait pas ! ». Elle se met en
route, elle habite à 45 minutes d’ici. Je ne saurais pas vraiment dire
pourquoi sa présence était indispensable à ce point. Peut-être parce
que je n’avais tout simplement pas imaginé qu’elle ne soit pas là.
Mes contractions qui étaient très espacées se rapprochent enfin,
il est 9h. Je vais mourir, je rugis de rage, je pousse. On dirait un
animal en furie. Elle va sortir, il faut qu’elle sorte. Mais j’ai trop
mal, je ne vais jamais y arriver et Bernadette n’est pas là. Je ne peux
pas sans elle. Mais Antoine est a coté. Je suis rassurée de le savoir
là, avec Louis, tout proche. J me masse le dos en descendant en même
temps que je pousse. J’ai une subite envie de vomir, c’est Lyla qui se
place et qui descend, c’est très bon signe. Je grogne, je râle, je
feule, c’est un festival que cris félins. Je suis en dedans de moi,
tout, autour de moi, s’est écroulé et je ne suis qu’une boule de
douleur et de cris. La seule chose que je perçois encore, ce sont les
doigts de J qui courent le long de mon dos, attirant vers le bas, comme
un aimant, le corps le Lyla.
J me dit que les « sentinelles » arrivent, elles annoncent
l’arrivée du bébé …elle fait référence à ce qui restait dans mon
intestin …Quelle poétesse tout de même ! La poche des eaux bombe à la
sortie, mon bassin s’écarte et SPLACH !! Je sens le liquide amniotique
couler le long de mes cuisses et je patauge dedans avant qu’il ne soit
épongé par l’épaisseur des couettes posées sous moi.
La tête de Lyla pointe, elle est pleine de cheveux, même à quatre
pattes, je vois tout dans le miroir situé dans mon dos. Je réalise que
ma fille sort de moi et je suis pétrifiée. J appelle Antoine mais
Bernadette est à la porte et il lui ouvre. Elle est là, enfin, Lyla
peut naître.
Je pousse une seule fois et j’ai l’impression de me déchirer en
deux. Quelle douleur !! Lyla glisse comme une petite savonnette et
tombe entre mes jambes. Elle est si petite, je n’ose pas la toucher. Je
suis sonnée et je ne réalise pas. Après 3 jours d’attente, est-ce que
je ne rêve pas ? Antoine entre avec Louis. Ils étaient devant la porte
lorsqu’elle est née.
J m’encourage à la prendre, elle pleure vite et fort. Elle nous
raconte son histoire, son parcours et sa si longue naissance, mais si
douce.
Je la prends tout contre moi, on nous couvre et je me mets sur le
coté. Ma toute petite fille, toute minuscule…Elle est parfaite !
Elle tète immédiatement et le placenta se détache assez
vite. J le réceptionne dans un plat qu’Antoine a apporté un peu
précipitamment : c’est le récipient qui se pose sur ma balance de
cuisine. A chaque fois que je fais un gâteau ou du pain, j’y pense …
Je coupe moi-même le cordon longtemps après la sortie du placenta
et J met un joli petit morceau de laine couleur lilas, autour du
nombril de Lyla. Elle tête goulûment.
Je saigne moins et j’ai envie de me laver, Lyla a une heure. Antoine la prend en peau à peau et Louis fait la connaissance de sa petite sœur.
Je vais prendre une petite douche pendant qu’Antoine et J font un lit propre et trie le linge et les alèses à jeter. Ensuite, J examine Lyla et la pèse puis nous la rend immédiatement.
Bernadette fera du café et J ira remplir ses papiers pendant que nous faisons connaissance tous les quatre.
Nous resterons en famille, au calme, chez nous jusqu’au soir où des amis nous amènerons a dîner (sushis !!!
)
Je suis en forme et très heureuse. Jamais je n’aurais pu rêver plus belle naissance. Me voici guérie et en paix avec moi-même. Lyla est sereine et calme. Elle dormira toute la nuit et la journée suivante afin de nous laisser récupérer d’un tel marathon. Quel ange !
Pas une seconde je ne pouvais imaginer un tel périple, et pourtant…c’est ainsi que Lyla a choisi de naître : à ce moment et de cette façon. Quel chemin parcouru ! Moi qui ai un besoin maladif de tout contrôler pour me sentir sereine, j’ai eu la plus belle leçon que l’on puisse recevoir : faire confiance et lâcher prise

