Un peu de mon histoire,

 

je suis agoraphobe, (peur de l’espace) et la grossesse fait ressortir fortement les attaques de panique. Je me sens en sécurité dans ma maison et je me suis demandée tout au long de ma première grossesse comment je ferai pour accoucher et gérer mon espace. Finalement, dans la tempête des hormones, j’ai vécu un accouchement à l’hôpital  long mais magnifique en gérant  bien la douleur avec une sage femme très à l’écoute. Ce sont surtout les 4 jours d’hôpital qui me laisse un souvenir très pénible, j’enchainais les attaques de panique, il m’était difficile de pouvoir être pleinement disponible pour mon nouveau né Nathan.

 

Je souhaitais apporter un départ dans la vie de mon deuxième enfant beaucoup plus serein. Et j’avais aussi envie de vivre plus intérieurement l’expérience de la naissance plutôt que négocier sur les actes ou le timing.

 

L’avantage d’être suivie par une sage femme qui pratique l’AAD, c’est qu’elle fait confiance à  la physiologie et à l’individualité de chaque femme. Pour Nathan, le personnel hospitalier n’a pas pris de risque ce que je peux comprendre en raison des nombreux procès s’il arrive un problème. Du coup, j’ai été mise dans la catégorie grossesse à risque pour accouchement prématuré( les attaques de panique  contractent le corps et donc l’utérus, bébé déjà bien bas et col court très tôt , alitée au septième mois, 2 hospitalisations et bébé arrivé à 36 semaines). Le même scénario se présentait pour le deuxième. La sage femme m’a  tout de suite rassurée sur le fait que certaines femmes sont très contractiles, ressentent leurs contractions sans conséquence sur le terme de la grossesse si l’on sait s’écouter. Du coup, j’ai eu des contractions à partir du troisième mois, j’ai dansé et marché jusqu’à la fin et Lyssandre est arrivé 10 jours avant terme.

 

 

 

Les lectures d’Isabelle Brabant, de Maite trelaun et de Sophie Gamelin Lavois m’ont bien informée et confortée dans mes choix. Des phrases résonnaient aussi dans ma tête: accouchement physiologique, faire corps avec la douleur ou accoucher sans douleurs. Louis Kuhne( hygiéniste, pionnier des bains dérivatifs) évoquait que l’accouchement devait être sans souffrance? Si il y en avait c’était pour lui, la présence de substances indésirables( déchet issu du métabolisme, divers polluants ingérés ou inspirés) que le corps stockait autour de l’utérus et empêchait son bon fonctionnement. Je connaissais toutes les étapes de l’accouchement. Forte de ma première expérience, j’étais très sereine pour l’accouchement et je voulais vivre pleinement cet instant. J’imaginais des bougies, des massages, quelques pas de danse, une ambiance tamisée. Eh bien rien de tout ça. J’ai eu 4 fois un prétravail à intervalle de quelques jours et le jours J, quand  j’ai sentie les premières contractions douloureuses à 14h, 40 min après, Lyssandre était la. La sage femme habitant à 1 heure de route, elle est arrivée pour la délivrance du placenta.

 

Elle nous avait bien briefé pour ce cas de figure.Et puis pas le temps de paniquer ni de souffler, juste le temps d’appeler mon mari, la nounou, la doula, de prendre 4 gouttes de rescue, et l’envie de pousser se fait sentir. Une contraction, la poche des eaux qui explose puis une autre la tête,j’attrape une serviette au cas ou le bébé glisse puis une dernière contraction et mon conjoint prends ce petit être dans ses bras. On pourrait croire que c’est super cette rapidité  mais j’ai plus souffert qu’à mon premier accouchement.Je n’ai pas eu le temps d’intégrer le fait d’accoucher et l’intensité brutale du travail. Pour vous donner une idée, j’avais des courbatures jusqu’à la pointe des orteils et je pouvais sentir tous mes muscles courbaturés!  Objectif réalisé cependant: le fait d’être à la maison m’a permise de me connecter dès la naissance avec ce petit être, quel bonheur! Cela a contrebalancé le choc de l’accouchement. Finalement, heureusement que j’étais bien préparée car à priori ce petit bonhomme avait décider de venir au sein de son foyer, nous n’aurions pas eu le temps d’aller jusqu’à l’hôpital. Je souhaite à toutes les mamans de pouvoir vivre un accouchement physiologique.

 

 

 

 Sandra.